
Vous êtes-vous déjà demandé comment les livreurs de journaux arrivent à s’y retrouver au Japon ? Au Québec, l’exercice n’a rien de bien sorcier. Les rues ont un nom, les résidences un numéro… et ces numéros se suivent. Mais au Japon, livrer en moyenne 200* journaux dans les bonnes boîtes aux lettres chaque matin et chaque soir, sans carte, relève à première vue de l’exploit.
Les villes ont été construites sur le modèle des villes chinoises, et, à part quelques grandes artères les rues au Japon n’ont pas de nom. En effet, les arrondissements » ku » sont divisés en quartiers » chome » regroupant plusieurs dizaines de maisons et forment ainsi un bloc. Les maisons sont donc numérotées suivant le bloc auquel elles appartiennent et non en fonction de la rue. C’est ainsi que deux maisons voisines peuvent très bien avoir des numéros qui ne se suivent pas . (Source)
On s’attendrait à ce que le livreur, au volant de sa mobylette, ait toujours le nez dans la carte du quartier, mais non, il passe d’une maison à l’autre à la vitesse de l’éclair la mobylette, sans hésitations. Comment s’y prend-il donc ? En fait, il utilise ce qu’on appelle dans le milieu un « 順路帳 » (じゅんろちょう) , qu’on pourrait traduire ici par livret de parcours ou d’itinéraire. La route à suivre y est effectivement indiquée par une série de codes mnémoniques qu’il n’a qu’à suivre fidèlement pour déposer systématiquement ses journaux au bon endroit.
Exemples de code :
2ト
スムRP
V
朝
Ce qui donne :
2 となり : Deuxième voisin
筋向かい (すじむかい)Red Post : Voisin d’en face, en oblique, boîte aux lettres rouge
V : Faire demi-tour
朝 : Le matin seulement
Toujours pas convaincu ? Regardez ici. On y présente un bel exemple de livret de parcours. Le livreur semble se déplacer à vélo dans cet exemple illustré, mais de nos jours la mobylette est beaucoup plus utilisée. Elle peut même faire office de réveil-matin dans mon quartier, où le livreur du journal Mainichi (毎日新聞) passe vers 4h30, suivi un peu plus tard des principaux concurrents.
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* Sur la BD mentionnée ci-dessus le livreur doit se taper 300 journaux, mais il paraît qu’en moyenne c’est plutôt 200. (Source : 今さら他人には聞けない疑問555, パートII). Ici les fidèles lecteurs de ce blogue auront constaté que le volume 2 fait une première entrée en scène sur Nipponica Blogula. J’en profite pour souligner encore l’efficacité d’Amazon.jp. J’ai commandé ce livre jeudi vers 13h00. À 20h40, je recevais un courriel m’annonçant que le livre avait été envoyé. Le lendemain matin, vers 10h00, j’avais le livre devant les yeux. Et tout ça sans payer de frais d’expédition car j’avais commandé pour plus de 1500 yens (dont ceci, très intéressant).
Nipponica Trivia
Trouvez l’intrus.
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