Marcher dans les sentiers de pèlerinage de la péninsule de Kii, c’est surtout marcher à travers des milliers et des milliers de Sugi 杉 (cèdres du Japon ou Cryptomeria japonica) et de Hinoki 檜 (cyprès du Japon ou Chamaecyparis obtusa). Certains peuvent sembler plutôt chétifs, comme dans l’abrupte montée en escaliers derrière Takijiri ÔJI…
… mais plus souvent qu’autrement leur envergure a de quoi satisfaire le marcheur…
…voire l’inciter à lever inconsciemment la jambe comme le fit Daniel dans une pose qui n’est pas sans rappeler celle de nos fidèles cousins de la race canine en pleine opération de délimitation olfactive.
Ils peuvent aussi prendre, plus loin, des dimensions écrasantes qui vous font grimacer bêtement de béatitude. Quoi qu’il en soit, c’est sous cette couverture verte et entourés de ces troncs rougeâtres que nous avons enfin entrepris notre séjour dans le sentier Nakahechi. Départ de Takijiri Ôji (滝尻), et objectif Nonaka Sansô (のなか山荘), près d’un autre Ôji, celui de Tsugizakura (継桜), au bout d’une marche de cinq à six heures.
Nous passons d’abord devant le Tainai Kuguri (胎内くぐり “passage dans le ventre”), un roc qui forme un passage étroit et possède, dit-on, le mystérieux pouvoir de favoriser le bon déroulement de l’accouchement des femmes enceintes qui passent à travers la faille. Ledit passage étant plutôt étroit, nous avons fait comme la plupart des marcheurs, c’est-à-dire poursuivi notre route en passant à côté pour éviter d’y rester coincer ou d’abîmer nos sacs à dos.
Nous dépassons ensuite le Nezu Ôji (不寝王子) , puis atteignons le belvédère du Mont Iimori (飯盛山展望台), à 341 mètres d’altitude, au sommet d’un escalier.
Nous marchons ensuite, sur une distance de 2,1 km, jusqu’au sanctuaire Takahara Kumano (熊野高原神社), où Daniel sonne la cloche et prie pour que nous rencontrions bientôt sur notre route une distributrice à café, prière qui sera exaucée quelques minutes plus tard par les généreuses divinités locales.
Le coeur serin et purifié par cette très courte pause au temple, nous reprenons notre route vers la prochaine étape, après avoir pris, bien sûr, quelques photos du paysage environnant.
La véritable pause se fera juste un peu plus loin, au village de Takahara Kirinosato (高原霧の里), avec deux distributrices à boissons douces (don des divinités locales susmentionnées) et quelques bancs (don des payeurs de taxes de la localité).
À suivre…
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Au moment de rédiger ces lignes je n’ai toujours pas retrouvé le nom et l’adresse de notre gîte à Nonaka Sansô, mais pour les futurs pèlerins pressés de réserver une chambre, mentionnons le minshuku Nonaka Sansô et le Toga no ki (presque à la toute fin sur cette page).
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Autres liens divers (en japonais) sur cette partie du trajet : ici et là.


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Oui Zolly, pour l’erreur temple-sanctuaire, j’y ai pensé hier à l’hôpital (tests de routine) et m’étais promis de corriger à mon retour, ce que j’ai évidemment oublié de faire. Je vais donc corriger de ce pas. Pour les vipères, je te soupçonne fortement d’avoir raison. Daniel pourra peut-être confirmer s’il mouillait au pas quand nous avons vu les vipères (ma piètre mémoire me dit qu’il ne mouillait pas), je me mélange avec les crapauds, mais ça c’est pour un autre épisode, plus loin.
Alain,
merci pour des témoignages plein d’humour.
Tous les soirs apres une dure ( cela va de soi…) journée de travail, je me précipite sur ce blog.
et cela me conforte d’aller sur ce trajet, hélas en été, avec je pense un climat moins séduisant que sur les photos.
A bientot
Alain Cote
Strasbourg – France
Bonjour Alain de Strasbourg. Au mois d’août, il risque effectivement de faire très chaud et humide. C’est également une période pendant laquelle il pleut beaucoup dans cette région. Ca peut rendre la marche pénible, voire risquée, et je lis dans mon guide principal que la pluie fait sortir les vipères sur les sentiers (comme nous l’avons d’ailleurs constaté à deux reprises pour notre part). Par ailleurs, quand il fait soleil, ça risque de taper dur car le couvert végétal ne protège pas beaucoup dans ce type de foret (plantation). Une casquette s’impose pour se protéger le crâne. Si j’étais toi je prévoirais peut-être un plan B dans une autre région (par exemple aux environs de Kamikôchi dans les alpes) en cas de mauvais temps annoncé dans la péninsule de Kii). Consolation : la nature devrait être beaucoup plus luxuriante que dans notre cas (début avril).
Si tu as des questions précises n’hésite pas à les mettre ici, ça servira peut-être aussi aux autres futurs pèlerins. J’essaierai d’y répondre de mon mieux, même si finalement je ne suis allé qu’une seule fois dans ces sentiers.
Daniel me dit que nous avons bel et bien dormi au “Minshuku Nonaka Sansô” (voir le lien ci-dessus). Au moment où j’écris ces lignes, ce minshuku n’accepte que les réservations par téléphone (http://www.aikis.or.jp/~muranaka/cont4.html).
Je suis formel c’est bel et bien cette hôtel. Grâce à ce dernier lien au site de l’hôtel, je n’ai plus de doute.
Daniel
Salut, moi c’est Zolly, de Dijon-Plage. Enfin, de Dijon-Mare. En fait, non, je ne suis même pas à Dijon. Par contre, j’ai la mare, les sentiers, le temple chrétien et aussi les vipères. Sauf que les vipères d’ici, elles sortent quand il fait soleil, pas quand il pleut. Quand il pleut ce sont les vers de terre qui sortent. Et les salades, et les gens qui ont un parapluie, et les gens qui courent sans parapluie. Mais les vipères, niet. Pas ici en tout cas. T’es sûr que c’étaient des vipères ? (si elles avaient des pattes ce sont des lézards).
Et je trouve plus mon guide Michelin alors j’ose demander au Grand-Guide-Qui-Oublie-Son-Appareil-Dans-Les-Bus-Du-Levant : ce que tu appelles temple (p.e sur la photo 6) ne devrait-il pas être appelé sanctuaire ? Je veux dire : en toute rigueur ? Ou alors est-ce une question stupide ? En toute rigueur.